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depuis l’arrivée des talibans, les chiites se sentent toujours pris pour cible



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En Afghanistan, la communauté chiite du pays célébrait lundi 8 août l’Achoura, la plus importante célébration religieuse pour eux. La semaine dernière, cette communauté a été particulièrement visé par des attaques à Kaboul et ses alentours.

De notre correspondante à Hérat, dans l’ouest de l’Afghanistan,

L’atmosphère était très particulière au vu du contexte. Onze personnes ont été tuées, une quarantaine d’autres blessées dans deux explosions survenues vendredi et samedi. Vendredi, la bombe avait explosé lors d’un rassemblement funéraire dans un quartier chiite de Kaboul. Un attentat revendiqué par la branche afghane de l’organisation Etat islamique. Samedi, l’explosion a été causé par un engin explosif dissimulé dans un pot de fleurs sur un trottoir dans un quartier voisin.

L’Achoura est considérée comme une célébration à haut risques en raison des processions, des rassemblements massifs dans les mosquées pour prier et commémorer la mort de l’Imam Hossein, petit-fils du prophète Mohammed et le fils d’Ali, tué en 680 à Kerbala en Irak par les troupes du calife omeyyade.

Climat anxiogène et pas de réseau téléphonique à Kaboul

Les célébrations à Hérat se sont déroulées sans incident. À Kaboul, l’inquiétude a été décuplée, car plusieurs quartiers de la capitale, et essentiellement ceux qui sont en majorité hazara, ont été privés d’internet et de réseau mobile. Il était impossible de joindre les résidents de ces zones et donc de savoir ce qui se passait sur place.

Une situation assez inquiétante au regard des attaques survenues la semaine dernière contre la communauté chiite. Selon certains médias, les causes des pannes étaient d’ordre technique. Des problèmes de maintenance auraient été à l’origine de ces coupures qui ont démarré dès dimanche soir dans certains quartiers et qui perdurent jusqu’à maintenant.

Sur internet de nombreuses rumeurs ont circulé, certains internautes affirmaient que les talibans menaient des raids contre les Hazaras. D’autres disaient que les talibans voulaient limiter les informations qui circulaient en cas d’attaques. Mais il semblerait que ce soit plutôt pour des raisons sécuritaires : les explosions qui ont eu lieu la semaine dernière ont été provoquées par des engins explosifs déclenchés à distance par téléphone. Sans réseau mobile, ces bombes ne peuvent pas être actionnées.

Mais l’absence d’information officielle a contribué au climat anxiogène. D’autant que la communauté chiite se sent ostracisée depuis la prise du pouvoir par les talibans qui sont sunnites. Elle n’a aucun représentant au gouvernement et l’Achoura a été retiré cette année du calendrier des fêtes nationales. Les chiites se sentent discriminés et ont le sentiment que rien n’est fait pour les protéger. Un sentiment qui existait déjà sous le précédent gouvernement.

L’EI continue les attentats dans le pays

Bien que la sécurité semble s’être nettement améliorée depuis la prise du pouvoir des talibans il y a presque un an, des attentats ont toujours lieu. Les talibans étaient en effet à l’origine de nombreuses attaques et ne sont plus des acteurs du conflit. Mais la branche armée du groupe Etat islamique qui s’est implantée dans le pays en 2015, continue de frapper en Afghanistan en ciblant souvent la minorité chiite. Mais pas seulement.

L’EI a d’ailleurs revendiqué de nombreuses attaques perpétrées à travers le pays contre des chiites, des soufis, des sikhs, qu’ils considèrent comme hérétique. Les talibans ne cessent de minimiser la menace que représente le groupe terroriste en Afghanistan, mais les attaques récurrentes démontrent que l’EI a une véritable force de frappe qui ne diminue pas.

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