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Fer de lance de la créativité africaine, la Biennale de Dakar fait son retour


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Dakar redevient la capitale des artistes d’Afrique et de la diaspora pendant un mois. Annulée il y a deux ans à cause de la pandémie, la Biennale d’art contemporain ouvre ce jeudi 19 mai. Les artistes investissent la capitale sénégalaise, avec pas moins de 16 expositions dans le programme officiel et 450 manifestations dans le festival « Off ».

De notre envoyé spécial à Dakar,

« D’habitude, ici, il n’y a que les oiseaux qui habitent », nous confie un Dakarois en parlant de l’ancien palais de justice du Cap Manuel, tout au bout de la presqu’île du Cap-Vert, en surplomb de l’Atlantique. Mais à quelques heures de l’ouverture officielle, c’est une nuée de créateurs et de techniciens qui a pris possession des lieux : accrochage, éclairage, nettoyage, peinture… 

La Biennale opère un retour en force et un saut qualitatif. S’il y a un peu moins d’artistes, ils seront beaucoup mieux exposés dans l’ancien tribunal où circulent encore les fantômes des juges, des avocats, des condamnés qui se sont succédés ici pendant des années.

Le Sénégalais El Hadj Malick Ndiaye, directeur artistique, plante le décor de l’exposition internationale en ces termes : « Nous avons de grands projets dans le hall des pas perdus, dans les salles d’audience, mais aussi des espaces plus intimes où le visiteur, seul, peut entrer en confrontation avec l’artiste. Nous donnons la parole au lieu. Il n’y a pas de cloison dans ce grand palais, mais il y a des colonnes qui dialoguent avec les œuvres monumentales exposées ».

La galerie Cécile Fakhoury de Dakar, où sont exposées les œuvres de Binta Diaw.
La galerie Cécile Fakhoury de Dakar, où sont exposées les œuvres de Binta Diaw. © RFI / Sébastien Jédor

L’ancien tribunal, « un endroit incroyable »

Parmi les artistes qui ont investi les lieux, la sud-africaine Elrie Joubert, du collectif « Tripe ». Elle utilise des matériaux de récupération pour tisser comme une gigantesque tapisserie. « Ça va faire 3 mètres de large et 7 mètres de haut. C’est un endroit incroyable, grand et ouvert, dont nous prenons possession avec l’œuvre », assure celle qui a fait le voyage depuis le Free State, dans le centre de l’Afrique du Sud.

Le thème de la Biennale de Dakar cette année, « I Ndaffa », signifie « forger » en langue sérère, une des langues du Sénégal. Forger pour inventer ou -à tout le moins- comprendre un monde nouveau. « Nous sommes dans une grande transition politique, culturelle, sociologique, économique, etc., » affirme le directeur artistique El Hadj Malick Ndiaye. « C’est la raison pour laquelle nous invitons les artistes à nous narrer des histoires, pour ouvrir des fenêtres et nous permettre de voir loin. »

Des fenêtres sur le monde

A Dakar, pendant un mois, 2 500 artistes ouvrent effectivement une fenêtre sur le monde, si l’on prend en compte ceux présents dans la sélection officielle et ceux du festival « Off ». De Keur Massar au Plateau en passant par les Almadies, le moindre restaurant ou centre culturel se doit d’avoir son exposition. Mais ce sont les galeries internationales, comme la galerie Cécile Fakhoury, au Plateau, qui donnent le ton.

►À écouter aussi : Vous m’en direz des nouvelles – Cécile Fakhoury et Cheikh Ndiaye, la nouvelle adresse de l’art africain

Delphine Lopez, directrice de la galerie Cécile Fakhoury de Dakar, où sont exposées les œuvres de Binta Diaw.
Delphine Lopez, directrice de la galerie Cécile Fakhoury de Dakar, où sont exposées les œuvres de Binta Diaw. © RFI / Sébastien Jédor

Delphine Lopez en est la directrice depuis l’ouverture il y a 4 ans et elle confirme qu’à Dakar « on sent une vraie énergie, liée à l’histoire de la ville et du pays, qui ont toujours eu une politique de mécénat artistique institutionnel. Mais il y a aussi énormément d’initiatives privées qui ont vu le jour à Dakar depuis quatre ou cinq ans. C’est fantastique de voir tous ces projets vivre et se développer à leur manière. Entre les galeries d’art, les espaces collaboratifs et les collectifs d’artistes, c’est très riche. »

Les professionnels l’assurent : après le Nigéria, c’est en Afrique francophone qu’une nouvelle génération de collectionneurs et d’amateurs d’art est en train d’émerger. 

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