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à Pokrovske, les membres du bataillon Azov regardent vers Marioupol



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À l’usine Azovstal de Marioupol, les dernières forces ukrainiennes qui continuent de tenir tête à Moscou sur place sont celles du régiment Azov. Connu pour ses racines néonazies, ce bataillon de volontaires, aujourd’hui intégré à l’armée, s’est également fait remarquer pour ses qualités militaires. Rencontre avec une de leurs unités située dans la région de Dnipropetrovsk.

Avec nos envoyées spéciales à Pokrovske, Aabla Jounaïdi et Oriane Verdier

À 200 km au nord de Marioupol, face aux forces russes, le commandant Tisjenko nous invite à entrer dans la tranchée que ses hommes ont creusé en troisième ligne. « Nous n’emmenons pas de journalistes en première ligne. Hier, les ennemis ont lancé des bombes au phosphore, affirme-t-il. C’est une arme terrible. S’il est touché, l’être humain se met à brûler. Ils utilisent cette arme contre nous. Je peux vous montrer une vidéo. Regardez. C’est un cratère brulé, décrit le commandant. Lorsque la cible est touchée, à la surface, que ce soit un véhicule ou un corps, il s’enflamme instantanément. Regardez, on ne voit même pas le fond du cratère. Et il n’y a aucun fragment. »

« Les Russes mènent une guerre d’usure pour affamer les gens »

Les Russes tireraient également des bombes au phosphore sur l’usine Azovstal de Marioupol. Le commandant Tisjenko est en communication avec ses camarades du régiment Azov sur place. « Il y a des membres de la Marine, d’Azov, de la police, de la garde nationale. Sous l’usine Asovstal, au temps de l’Union soviétique, on a construit un abri anti-atomique. Quand les Russes sont entrés depuis la Crimée, toutes les bases navales ont été évacuées dans la zone, raconte le membre du régiment Azov. Ces bases ont des stocks d’armement et de nourriture pour tenir des années. Tout ça a été mis à l’abri à l’usine Azovstal. Voilà pourquoi les gens ont survécu si longtemps là-bas. Les Russes mènent une guerre d’usure pour affamer les gens. »

Jeudi, la coordinatrice des Nations unies en Ukraine a affirmé qu’elle partait dans le sud du pays pour préparer une tentative d’évacuation de Marioupol. Pour l’heure, les corridors annoncés n’ont jamais été entièrement respectés.


Il y aurait plusieurs façons de régler le problème. La première, c’est d’y aller en force pour imposer un corridor et faire sortir les gens. Pour ça, il faut rassembler beaucoup de forces, de ressources et des armes modernes. C’est la première option, mais elle est peu probable, parce qu’elle engendrerait plus de pertes que de vies sauvées. L’autre méthode que nous continuons à appeler de nos vœux, c’est qu’avec la pression internationale, l’Europe, la Croix-Rouge et d’autres, organisent l’évacuation sous supervision internationale. Nos hommes seraient prêts à déposer les armes s’ils avaient l’assurance d’être évacués de cette façon.

Serhiy Tisjenko, commandant de l’unité Azov de Dnipopetrovsk

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