Sports

le royaume hachémite sur une ligne de crête dans ses relations avec Israël


Publié le : Modifié le :

Les relations entre le royaume hachémite et Israël ne cessent de se dégrader. En cause, les affrontements sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem depuis maintenant une semaine. Le roi Abdallah II de Jordanie, chargé de la protection des lieux saints en Palestine, a fermement condamné l’attitude israélienne. Depuis, les tensions s’accumulent et le royaume alerte les autres pays arabes. Le gouvernement organisait jeudi une réunion d’urgence avec le comité interministériel arabe pour élaborer une réponse commune à la crise. La Tunisie, l’Algérie, l’Égypte ou encore le Qatar y étaient présents.  

avec notre correspondante à Amman, Hermine Le Clech

L’année dernière déjà, la Jordanie s’était déjà trouvée dans cette position mais la réponse du gouvernement du roi Abdallah II cette semaine diffère par rapport à celle de l’an passé : cette fois-ci, la Jordanie semble adopter une position plus ferme. En témoigne la déclaration du Premier ministre jordanien cette semaine devant le Parlement. Ce dernier a salué l’action des lanceurs de pierres palestiniens contre « les sympathisants sionistes qui souillent la mosquée Al-Aqsa ». Dans la foulée, 76 membres du Parlement ont demandé l’expulsion de l’ambassadeur israélien d’Amman et la suspension de toute relation avec l’État hébreu.

À lire aussi : en Israël, relations tendues avec la Jordanie suite à des affrontements et des tirs depuis Gaza 

Tout cela a provoqué la colère des autorités israéliennes qui pourtant ne réagissent pas toujours aux propos du gouvernement jordanien. Le Premier ministre Naftali Bennett a même assuré qu’une « ligne avait été franchie ».

Les raisons de cette nouvelle stratégie ? 

En utilisant des mots forts, le royaume envoie un signe à l’opinion publique. Car plus de la moitié de la population jordanienne est d’origine palestinienne et donc sensible aux combats des Palestiniens de l’autre côté du Jourdain. Ce vendredi par exemple, ils étaient des milliers à manifester dans les rues d’Amman en soutien aux territoires palestiniens. En mars, le roi Abdallah a effectué une rapide visite à Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne à Ramallah.

Le président palestinien Mahmoud Abbas accueille le roi Abdallah II de Jordanie avant une réunion à Ramallah en Cisjordanie occupée, le 28 mars 2022.
Le président palestinien Mahmoud Abbas accueille le roi Abdallah II de Jordanie avant une réunion à Ramallah en Cisjordanie occupée, le 28 mars 2022. AFP – ABBAS MOMANI

Le gouvernement essaie donc de satisfaire sa population mais aussi de se rattraper auprès d’elle. Car les Jordaniens gardent un souvenir amer de l’accord d’échange eau contre électricité solaire passé en novembre dernier entre le royaume et l’État hébreu. La signature de cet accord négocié en secret avait déclenché de grandes manifestations dans plusieurs villes du pays. Des protestations qui n’avaient pas fait bouger les autorités jordaniennes.

► À lire aussi : en Jordanie, des manifestations contre l’accord sur l’eau conclu avec Israël 

Le royaume hachémite peut cependant aller plus loin que ce qui est fait actuellement ? Difficilement car l’étape suivante serait théoriquement de renvoyer l’ambassadeur d’Israël à Amman, mais les conséquences d’une telle décision pourraient affaiblir le pays. Car la Jordanie reçoit des milliards de dollars d’aide internationale, en particulier des États-Unis, allié historique d’Israël.

Une ligne de crête

Ce serait aussi réduire à néant les efforts d’Abdallah II pour améliorer ses relations avec le gouvernement de Naftali Bennett. L’activité diplomatique entre les deux pays est à son plus haut niveau après des années de glaciation sous l’ère Netanyahu. Au mois de mars par exemple, le président, le ministre de la Défense et des Affaires étrangères israéliens sont tous les trois venus rencontrer le roi de Jordanie. Le royaume hachémite pourrait donc perdre tout le bénéfice de ce rapprochement, en particulier de futures relations économiques avec l’État hébreu, dont aurait bien besoin le pays.

Le gouvernement d’Abdallah II est donc sur une ligne de crête avec d’un côté la population rejette en bloc toute discussion avec Israël, et de l’autre, une multiplication des accords entre les deux Etats. Il devra alors trancher dans les prochains jours entre ces deux positions.

À écouter aussiQuand l’opposition est réprimée en Jordanie 



Source link

Leave a Reply

Your email address will not be published.