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La Tunisie dans la spirale de l’inflation



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En Tunisie, l’inflation occupe toutes les discussions. La hausse des prix fragilise encore plus une population déjà très affectée par des crises à répétition.

De notre correspondante à Tunis

En Tunisie, il suffit de tendre l’oreille pour entendre les citoyens se plaindre de l’augmentation du prix des denrées de base. Toujours, le même constat dans la bouche des Tunisiens : « on ne s’en sort plus ». C’est ce qu’on entend partout, dans la rue, les supermarchés, les marchés, les taxis, à la radio.

En en effet, la précarisation de la société tunisienne se voit à vue d’œil. Dans les rues, de plus en plus de mendiants font leur apparition et depuis peu des maraudes de nuit auprès des sans-abris de Tunis ont même été mises en place. Une situation tout à fait inédite. Autrefois fierté du pays, la classe moyenne tunisienne a fondu comme neige au soleil depuis la révolution. 

Une crise multiforme

La crise n’a pas attendu la guerre en Ukraine et ses conséquences sur le prix des céréales pour se déclencher. Pendant toutes ces années, plusieurs couches se sont superposées. Après la révolution, il y a eu l’instabilité politique, les attentats, la chute du tourisme, la crise du Covid, et maintenant, la guerre en Ukraine qui contribue à renchérir – comme partout ailleurs – le prix de certaines denrées.

Parallèlement à la flambée des prix, les salaires des Tunisiens, eux, n’augmentent pas ou très peu. Le salaire minimum se situe aux alentours des 400 dinars soit environ 125 euros. 

S’adapter

En ce mois de ramadan, la viande se fait plus rare dans les plats cuisinés. Certaines familles ne sont plus en mesure d’en manger d’ailleurs. Le pain – qui reste subventionné – permet de rassasier une grande partie de la population. Mais jusqu’à quand ? Des pénuries de farine se font déjà sentir dans le pays et des doutes subsistent sur la capacité de la Tunisie à continuer à acheter des céréales sur les cours mondiaux tant ceux-ci ne cessent de monter.

À écouter aussi : en Tunisie: le pain au centre de toutes les attentions

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Face à cette situation, l’Union européenne vient de débloquer 20 millions euros d’aides supplémentaires pour aider la Tunisie à financer ses achats. Une solution de court terme qui cache mal le marasme économique qui secoue le pays en pleines tractations pour obtenir des prêts auprès du FMI. En attendant d’y voir plus clair, les Tunisiens tournent en dérision la situation. Sur les réseaux sociaux notamment, le « tanbir », humour corrosif dont raffolent les Tunisiens fait des ravages.

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