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[EN IMAGES] Au Maroc, les colonies d’abeilles disparaissent une à une


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Cela fait plusieurs mois que le Maroc vit au rythme d’une sécheresse hors norme, la plus dure depuis 40 ans. Selon les experts, ce changement climatique a provoqué un phénomène observé à l’échelle nationale : la disparition de colonies entières d’abeilles. Le secteur de l’apiculture est en train de vivre une catastrophe au Maroc.

Où sont passées les abeilles marocaines ? Le gouvernement, préoccupé par le phénomène, a lancé une vaste enquête. Plusieurs régions et surtout le sud marocain sont concernées. Le plus grand et le plus ancien rucher collectif traditionnel au monde n’a pas échappé au phénomène. Non loin de la ville d’Agadir, dans le sud-ouest du pays, le site incroyable d’Inzerki est, lui aussi, frappé par la disparition des abeilles.

Le rucher collectif d'Inzerki.
Le rucher collectif d’Inzerki. AFP – FADEL SENNA

Construit en terre et en bois, ce site date du XVIe siècle et est classé sur la liste du patrimoine national. Cinq niveaux compartimentés en cases à dimension égales composent cette structure unique, à la fois simple et complexe. À l’intérieur sont disposées des ruches cylindriques en roseaux tressés et enveloppés de terre mélangée à la bouse de vache. Au pied de cet impressionnant dispositif considéré comme le plus ancien et le plus grand rucher collectif au monde, le silence a remplacé le bourdonnement des abeilles. 

En moins de deux mois, Brahim Chtioui, président de l’association des ruches d’Inzerki, a perdu 40 ruches sur 90 : « Chez nous ici, il n’y a pas de problème de pesticide. Il n’y a pas de problème de pollution, il n’y a pas non plus de problème de varroase, la maladie due à un parasite. Le seul problème, chez nous, c’est la sécheresse. En 2019, j’ai perdu 100 ruches, et 40 cette année. Pourquoi la sécheresse ? Parce que les abeilles ne vivent pas longtemps, entre 45 à 50 jours seulement. Mais la reine, elle, dépose les œufs quand il y a des fleurs, quand les pollens rentrent. S’il n’y a pas de fleurs, il n’y a pas d’œufs. Et toutes les abeilles meurent, la ruche, c’est fini ».

Brahim Chatoui, apiculteur et président de l'association des ruches d'Inzerki.
Brahim Chatoui, apiculteur et président de l’association des ruches d’Inzerki. AFP – FADEL SENNA

Selon les autorités marocaines, le syndrome de l’effondrement des colonies d’abeilles n’est pas dû à une maladie, mais au changement climatique. Et il existe dans d’autres pays européens ou africains. Antonin Adam, chercheur en sciences apicoles, note que si la sécheresse peut expliquer une partie de cette situation, la vulnérabilité des abeilles aux maladies, à la transhumance, aux pratiques agricoles intensives, mais également à la volonté du pays d’augmenter sa production de miel, sont des facteurs qui peuvent expliquer l’effondrement des colonies. 

Le gouvernement marocain a lancé une vaste enquête sur la disparition des abeilles.
Le gouvernement marocain a lancé une vaste enquête sur la disparition des abeilles. AFP – FADEL SENNA

Dans la région de Fès-Meknès où la perte est estimée à 70%. Nabil Hinzil préside la coopérative Jasmin. Pour lui, ces disparitions massives sont dues au manque de formation des apiculteurs et à l’utilisation non maitrisée des produits chimiques dans sa région. « Ici, au Maroc, on a besoin de beaucoup de formations à un haut niveau pour que les apiculteurs puissent aient de bonnes pratiques dans leurs ruches. C’est ça le grand problème, c’est au niveau de comment diriger le rucher. Il y a beaucoup de fautes, par exemple au niveau des traitements, utiliser des traitements qui sont dans les normes, aussi travailler un peu dans la sélection. Ici au Maroc, il n’y a peu d’apiculteurs qui travaillent sur la sélection. Il y a la sécheresse. Il y a les maladies, les virus, il y a les mauvaises pratiques. Il y a beaucoup de choses qui sont négatives. Cette année, il y a beaucoup de pertes et la cause surtout, c’était la sécheresse, mais aussi les pesticides, et les produits chimiques ».

Au Maroc, la production de miel a bondi de 69% en 10 ans. Le pays a produit, selon le ministère de la Culture, près de 8 tonnes en 2019, avec plus d’un milliard de dirhams (101 millions d’euros) de chiffre d’affaires.



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