Sports

à Beni, les victimes d’exactions saluent l’arrivée de militaires ougandais



Publié le :

Dans l’est du pays depuis, deux semaines, l’Ouganda et la RDC ont officiellement lancé des opérations conjointes visant les rebelles des ADF présentes dans la région depuis plus de 20 ans. Des opérations diversement appréciées par les populations du territoire de Beni, au Nord-Kivu. Contraintes aux déplacements et la terreur au quotidien, les populations qui ont été victimes des massacres commis par les rebelles saluent ces opérations. Alors que d’autres gardent de mauvais souvenirs des années d’occupation de l’armée ougandaise de 1997 à 2003. 

Avec notre envoyé spécial de retour de Beni, Pascal Mulegwa

Si Christina Kasoki, la vingtaine, apporte un soutien tous indéfectible aux opérations conjointes, c’est que son père, un médecin a été enlevé par les rebelles, il y a dix ans. Depuis, elle n’a plus de nouvelle de lui.

« Les gens sont désespérés et n’attendent que la fin du décompte des massacres quelle que soit la solution. Après la polémique sur les résultats réels de l’état de siège, au moins cette mise en commun des forces met fin à la monotonie et apporte une lueur d’espoir pour nous familles éplorées. J’ai perdu mon père enlevé par les présumés ADF en pleine journée en juillet 2011 alors qu’il était en plein service à l’hôpital de Oicha. Je ne voudrais pas que quelqu’un d’autre revive mon expérience. Il est temps que tout cela cesse », explique-t-elle.

Pour cette orpheline, cadre et mère de famille, bien que les opérations soient bien accueillies, « il appartient maintenant aux autorités congolaises de tracer les lignes rouges pour les troupes ougandaises, des lignes à ne pas franchir. De veiller à ce que tout se passe en toute honnêteté dans le respect des règles de l’art. »

6 000 à 8 000 victimes

Dans ce territoire de Beni, au cœur des massifs forestiers, rares sont les familles qui n’ont pas été victimes des exactions commises par les ADF. Le nombre des victimes varie entre 6 000 et 8 000, selon les organisations de la société civile.

Pour Omar Kasili, le président de la société civile de Beni, ceux qui critiquent ou s’opposent aux opérations militaires en cours sont complices des violences. « On ne comprend plus rien. Ils nous ont vu souffrir, massacrés sans nous épargner de ce drame. La Monusco et d’autres partenaires, c’est gravissime qu’on les sente être agités quand nous avons un partenaire, un voisin, qui vient nous aider et faire même des navettes.  Nous les confondons à des complices de notre souffrance. »

Malgré le mauvais souvenir laissé par l’armée ougandaise pendant la deuxième guerre du Congo, Souleymane, fonctionnaire, relativise leur présence aujourd’hui. « Avant c’était l’agression, aujourd’hui, C’est nous qui avions fait appel à eux. Ce sont deux choses différentes. Ce que nous voulons, c’est que les massacres cessent. Et que tout revienne à la normale. La durée ou pas, qu’elle soit d’une semaine, d’un mois ou plus, nous on veut la paix. C’est tout. Il faut que les choses changent. »

Le président congolais Félix Tshisekedi n’a pas précisé combien de temps les troupes ougandaises resterait en RDC, mais il a promis, lundi, que leur présence serait « limitée strictement ».



Source link

Leave a Reply

Your email address will not be published.

close