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La Nouvelle-Calédonie en route pour le troisième et dernier référendum d’autodétermination



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La Chine est accusée de vouloir faire mainmise sur l’archipel calédonien. Une inquiétude qui a grandi ces derniers mois avec le développement de l’Aukus, l’accord de défense signé entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie pour contrer la présence chinoise dans la région. Il y a quelques semaines, Xavier Bertrand avait même déclaré que la Calédonie restera française ou deviendra chinoise. 

De notre correspondante à Nouméa,

Les partisans du maintien de la Calédonie dans la France s’inquiètent de l’influence chinoise, car lorsque l’on vit en Calédonie, l’influence grandissante de la Chine dans le Pacifique saute aux yeux. Il suffit de se rendre au Vanuatu voisin pour le constater. Il y a quelques années, il fallait emprunter des pistes caillouteuses pour faire le tour de l’île principale de cet archipel. Aujourd’hui, le réseau routier est entièrement bitumé, grâce à la Chine qui construit également le nouveau port et il n’y a guère de panneaux indiquant un chantier, qui ne porte désormais l’emblème de la République populaire.

Alors forcément, les opposants à l’indépendance craignent une convoitise chinoise d’autant que la Calédonie est riche en nickel – 20 % des réserves mondiales –  dont la métallurgie chinoise fait une très grande consommation. Le poisson est également envié grâce à une gigantesque zone économique exclusive jalousement gardée : alors que les armements chinois sont omniprésents voir accusés de surpêche dans toute la région, la Calédonie ne délivre qu’une toute petite dizaine de licences de pêches par an et à des armements exclusivement calédoniens. 

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Vers un développement des relations avec la Chine

Les indépendantistes n’excluent pas la Chine comme partenaire de développement économique. La société minière du Pacifique Sud, contrôlée par les indépendantistes a signé en 2018 un accord lui permettant de détenir 51 % d’une usine métallurgique chinoise qu’elle alimenterait en minerai sur le modèle de l’usine off-shore que les indépendantistes contrôlent en Corée du Sud.

Il existe également une association d’amitié sino-calédonienne, fondée par des collaborateurs du président du congrès, l’indépendantiste Roch Wamytan, association qui a notamment permis avant la crise sanitaire l’arrivée du tout premier charter de touristes chinois en Calédonie. De quoi donner du grain à moudre à leurs adversaires politiques qui vantent la France comme rempart à la Chine.

En fait les indépendantistes font en quelque sorte jouer la concurrence entre grandes puissances et en cela ils appliquent la doctrine du leader disparu Jean-Marie Tjibaou : « l’indépendance pour un petit pays comme le nôtre, c’est bien négocier ses interdépendances ».

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